mardi 8 mai 2007
et les astres s'alignent...
Ça va trop bien.
Courriel de L, super bras droit de l'été passé qui veux revenir cet été
J'ai gagné l'étape régionale du concours québécois en entrepreunariat, je passe au national
Courriel du gvnment, THE JOB veut de moi
Le deux wwoofers provençaux fraîchement arrivés nous ont donné une excellente première impression
F, encours d'ami et webmestre perso a mis en ligne le site web de ma ferme.... bientôt disponible sur vos écrans... yébo!
J'ai exorcisé l'été de me... 2006 au champ et y ai même planté des oignons ce pm
je me sens comme au club med (même si je n'y suis jamais allée):
dans ma tête ca chante en boucle: ça va bien...
Seule hic: la clutch du tracteur qui veut nous lâcher en plein rush de champ
vendredi 4 mai 2007
ZEN, le jardinage? Équilibrée, la jardinière?
Je vis la maniaco-dépression saisonnière propre à bien des maraîchers...
AU printemps, c'est la frénésie, les projets, la naissance...
L'amorce de la saison avec toutes ses promesses de fertilité et de récoltes gargantuesques, avec ses sachets de semences qui nous font fantasmer de festins bucoliques, ses nouvelles résolutions et ses plans de fous...
L'été est marathon. 3 mois à force maximale. Dans le tapis. du 70h/semaine au meilleur de nous même. NON STOP. Le travail, le dépassement, la fête aussi puis viennent et s'amplifient les récoltes.
Le manque de temps pour savourer tout ce que la terre a à nous offrir.Le 38 portions de légumes par jour.... empoigner une tomates parmis les 35 variétés (à l'instant même, celle dont je rêve est une grosse Cherokee Purple), sous la main chaude de soleil et gorgée de vie, y enfoncer les dents, et l'eau de végétation qui coule sur le menton, une bouchée, 2 bouchées et puis hop, une petite pratique de lancer jusqu'au fossé de draînage, la bouche étant courtisée par
un petit cornichon Boothby Blonde.... Le son de carottes qu'on tire de la terre, cloc... le je ne sais quoi d'épicé dans la carotte Dragon, et le croustillant de la belle grosse Touchon. Tôt le matin, la tendre laitue et les feuilles de fenouil....
Puis arrive l'automne, le soleil qui nous fausse compagnie, le froid qui nous rentre au corps, laver les légumes les mains dans l'eau glacée, habillés comme la chienne à Jacques avec la goutte au nez, descendre au champ quand il fait noir le matin en bottes sorel et en combines... le besoin viscéral de cuisiner, d'emmagasiner. Le premier gel qui a l'effet d'un choc électrique, les petits gels qui se succèdent. La fatigue qui s'amplifie et l'envie subite d'un bon gros gel pour que ça finisse pour enfin s'encabaner...
Et la fatigue totale qui s'installe. La fatigue totale.
La remise en question. les nuits d'insomnies. Les sudokus en pyjama, le ménage de 6 mois de pas pantoute, les excès de bouffe et de vin, les bourrelets qui se pointent et les pantalons qui serrent, le blog démarré sur internet à basse vitesse, les demandes d'emplois... jusqu'à ce que se pointe la folie du printemps...
SCHIZO!
Tout ça pour dire qu'après 5 mois dans ma cabane,
J'ai (entre autre) bêché et greliné (joli mot! pasé la grelinette si vous préférez...) la vieille serre au complet cette semaine. TU SEULE! Question de réveiller mon corps endormi. PIS
mercredi 2 mai 2007
Le poulet, son éleveur, Paul Auster et sa femme
On apprend sur le tas. Nous commençons à ressembler à des fermiers, surtout à partir du mois d'août, mais c'est un long cheminement.
Comme on a tous les deux été longtemps à l'école, nous lisons pas mal sur tous les sujets touchant de près ou de loin à l'agriculture...
Au lit, un soir, S feuillette pour la nième fois un de ses 23 livres sur l'élevage des oiseaux de basse-cour, quand tout à coup:
S: " Poulet de grain! Poulet de grain!"
Moi: "Han?"
S: "Depuis qu'on est jeune que c'est la grosse affaire... Du poulet de grain... du poulet de grain...."
Moi: " quoi?
S: "Mais oui: du poulet de grain! le monde dit: le poulet de grain est plus cher mais c'est vraiment meilleur..."
Moi:" Ouin... du poulet de grain."
S:" C'est ça... du poulet de grain..."
(ça a duré un certain temps, j'étais absorbée par Paul - Auster - et je n'écoutais pas tout à fait... je saute donc un bout de l'échange -Poulet de grain... - ouin poulet de grain... parce que sinon nous aurions l'air de têtes à claques.) Soudain, il m'explique:
S:"Un poulet, c'est OMNIVORE! Il faut qu'il mange des insectes, le poulet, qu'il coure dehors... qu'il cherche sa bouffe et qu'il mange de l'herbe, le poulet... Dans le fond, quand ils disent poulet de grain, il disent poulet nourri au maïs OGM... Pis ils nous font croire que ça c'est synonyme de qualité "
C'est fort avouons le!
Avouons aussi que si nous vendions nos poulets, j'anticipe bien peu de de succès publicité avec: Poulet qui vit dehors malgré la grippe aviaire qui nous menace tous et surtout lui, qui mange un petit peu de grain mais surtout des asticots, vers de terre, mulots et insectes de tout acabit, ainsi que du chiendent et des légumes déclassés - certifiés bio soit dit en passant...
Moi, j'étais avec Paul - Auster. Étrange comme son nom, Auster ressemble à ce qu'il est : auteur... concordance signifiant/signifé... Je l'ai découvert au début de la vingtaine, une autre recommandation de mon frère A qui a toujours grandement influencé mes choix littéraires (il m'a d'ailleurs fait lire Henri Miller et Charles Buckowski à l'adolescence, ce qui a quelque peu altéré ma vision du monde de jeune nymphette...). J'ai découver Paul -Auster avec la trilogie New Yorkaise. Je n'avais jamais rien lu de tel. Cela m'est apparut d'une justesse et d'une intimité magnifique. Étrange et familier à la fois. J'ai toujours continué à le lire. Parfois je relis certains de ses livres et ils prennent une nouvelle dimension à mesure que je vieilli. J'ai une relation d'intimité avec cet auteur. Cela est bien prétentieux à affirmer mais c'est réel... quand j'ouvre un de ses livres, je sais à quelles émotions je serai confrontée... son univers m'est confortable. Ce sentiment de familiarité était particulièrement fort dans son dernier roman publié: Dans le scriptorium où les personnage des ses autres livres apparaissent un à un. Mon préféré, et pour moi le plus troublant parmi ses romans est La musique du hasard. J'y ai vu une métaphore puissante sur les différentes formes que prennent la relation perverse qu'entretient l'Amérique avec l'argent. J'ai été des mois à ressentir le malaise que m'a laissé le livre... je ne l'ai pas encore relu...
L'an passé, ma belle belle soeur L m'a prêté une livre écrit par nulle autre que l'épouse de Paul -Auster: Siri Hustvedt... Le titre en était: Tout ce que j'aimais. Si La musique du hasard m'avait perturbée, Tout ce que j'aimais m'a complètement sonné et le malaise dure encore. J'ai été complètement ébahie par l'intelligence totale de 1) cette auteure 2) cette femme 3) cette artiste. Je continue à la lire... envoûtée par 1) cette auteure 2) cette femme 3) cette artiste.
Présentement je suis plongée dans L'envoûtement de Lily Dahl. Une scène:
Un personnage demande à un autre de prononcer un mot écrit sur une serviette de table, voulant que sa bouche prononce le mot bouche... accord total du signifiant et du signifié...
lundi 30 avril 2007
Les premières pelletées de terre
Annuelle: Dans la serre et dans le champs, question travaux fermiers...Mais celle là était pas mal plus puissante.
À 8h00 pile, la grosse pelle a monté la côte avec un bruit d'enfer.
J'ai cru apercevoir un éclair dans la fenêtre de Mme Bou, première voisine, 300m: le reflet du soleil dans ses jumelles.
En moins de 3 minutes M. J, deuxième voisin, 500m, se pointait. Pendant une bonne heure il a viré autour des machines et des ouvriers, prêt à prendre pelle ou marteau au moindre doigt qui se lève, distribuant interjections et sourires à qui mieux mieux...
IL SE PASSE DE QUOI SUR LE CHEMIN C!
Et ça réveille de vieilles valeurs qui ne sont plus à la mode... l'entraide, la coopération, la communauté...
Loup, presque 5 ans, regardait le mastodonte jaune en sautant sur place... Le mâle en lui exultait, à quelque mètre de la plus grosse pelle mécanique au monde avec son chauffeur qui lui faisait des bobailles. N'y tenant plus, il est allé chercher sa pelle mécanique Match box et s'est mis à quatre pattes dans la terre.
Je marchais en cercles concentriques, la vieille caméra digitale à la main...
Enfin Enfin Enfin... nous récoltons ce que nous avons semés...
123 GO! 123 SOleil!

dimanche 29 avril 2007
le réveil du sauvage
Dimanche après-midi. Promenade en forêt.vendredi 27 avril 2007
Garnissons la basse-cour
Une fois sélectionnés les employés,
Voici venu le moment de l'année où nous déterminons quelles seront les autres créatures à deux pattes avec qui nous partagerons l'été.
Et des fois... dans les cas d'extrême attendrissement comme sur la photo... plus que l'été...
La sélection a eu lieu aujourd'hui.
Nos... locataires? magrets? Animaux de compagnie? festins de Noël? décor de photo pour la visite de la ville? Bourre à congélateur? Sympathiques oiseaux? Sacrifices de l'Action de Grâce?
Appellons-les les SCA: savoureux compagnons ailés.
Présentement, nous hébergeons:
5 belles pondeuses de variété patrimoniale française, bâtardes... mais tout de même une heureux mélange Maran/ Chanteclerc
Une belle petite dinde... (qui traîne un abcès à une patte... nous l'avons incisé et désinfecté ce qui a eu un bon résultat mais la guérison n'est pas complète encore...)
4 pintades, oiseaux étranges et démesurément bruyants, savoureux paraît-il... (entendant les pintades pendant notre absence, notre voisin a sauté sur son 4 roues pour venir nous offrir une scie à métal... c'est tout dire!)
4 coqs-testostérone qu'on a du séparer des poules étant donné leur comportement inacceptable...
donc 3 coqs de l'autre bord du chemin qui attendent le sacrifice sans s'en douter et un coq blanc et romantique qui demeure avec ces dames dans le poulailler afin d'assurer la cohésion du groupe.
La commande d'aujourd'hui (pour livraison de poussin de 1 jour dans un mois, soit le 29 mai) comporte:
5 oies mâles (jars en fait!) Embden
5 jars de Toulouse
5 canards mâles de Barbarie
5 canards de Pékin mélangés
20 dindonneaux (notre taux de survie reste faible malgré nos soins assidus... on espère garder un 50-75%, soit 10-15 attendrissants dindes/dindons)
40 coqs à chair (malheureusement de gros blancs américains qui se couchent pour manger... nous préférons les rouges, plus sportifs et avec de belles et grosses cuisses mais ça a l'air que le monde du coin aime mieux les goinfres)
3 poulettes pondeuses matures noires
Gros total de 97!
OUF! en dessous de 100! Parce qu'en haut de 100, c'est interdit, hors la loi, menotte, cachot, savon dans la bouche, tête dans le toilettes... tu ne te risques pas, quoi...
Au moindre doute que tu frises le quota de 100: l'équipe d'inspection de La fédération des producteurs de volailles (une filiale de MON syndicat, L'UPA), duo standard composé du chummy et du brutal, débarque à la ferme en sarrau pour te passer un interrogatoire en règle.
C'est arrivé l'an passé... ils sont débarqués... je les ai vu.
De loin. et ils ne décollaient pas...
Ça devait faire 3 heures que j'étais à 4 pattes à récolter des haricots. Je n'avais pas envie de me mettre en position Homo erectus, on retarde le moment... le changement de position est douloureux à l'approche de la quarantaine. Ils collaient. Pour savoir qui c'était, j'ai dû traverser le champ nu pied. Il faisait tellement chaud que j'étais en (trop) petite tenue. Malaise pour répondre sérieusement à leur interrogatoire suspicieux. Jusqu'à ce que je pogne les nerfs!
Get a life!
J'avais 72 oiseaux! Je n'étais même pas en défaut!
et pendant ce temps là...
il y en a des problèmes, il y en a en maudit des problèmes, de maudits problèmes à part ça!
Parles en a David Suzuki aujourd'hui... il est publiquement en crisse aujourd'hui... avec raison
jeudi 26 avril 2007
Mots de Loup
En sortant le vieux malaxeur Kitchen Aid de ma mère...
Moi: On a besoin du beurre... Qu'est ce qu'on fait avec le beurre, Loup?
Loup: On le mange!
Moi: Oui mais... qu'est ce qu'on va faire avec le beurre, maintenant? On va le? On va le B...? B...?
Loup: On va le brasser!
Moi: Oui Loup mais on va le Battre en...?
(Secrètement, je souhaite que mon Jamie Oliver en puissance me réponde: EN CRÈME! Mais...)
Moi: Loup? on va le battre en...?
Loup: ON VA LE BATTRE EN TITI !
mercredi 25 avril 2007
Sping Spring

2 wwooffers débarquent le 8.
dimanche 22 avril 2007
Championne avec champion
Le son des pneus hypnotisant
ssssssssssssssssssssssssssssssssssssss
Les cuisses qui veulent exploser
Le décor qui défile
Les odeurs qui se succèdent
Champion (DJ) dans mes oreilles
ou championne à mes côtés!
Première sortie de la saison hier. Je n'ai pas pu dire non à Championne quand elle m'a proposé une escapade à deux roues. À partir de la semaine prochaine, le vélo retournera dans la grange: on rentre au champ et une fois les travaux enclenchés, une balade en vélo ce n'est pas une option attrayante après 10 heures de travail physique.
Championne, c'est J.
La plus belle athlète que je connaisse. On faisait de l'impro au secondaire ensemble, à l'autre bout de la province. La fin de semaine, c'était du ski de fond au camp Mercier, du Télémark au Mont Ste-Anne et du vélo... J'ai retrouvé J en Outaouais, 20 ans plus tard. Presque intactes.
J fait du sport avec passion. Avec un plaisir fou et ... sans aucun esprit de compétition.
À 16 ans, j'ai vidé mon compte de banque pour m'acheter un Miele Nova rouge ferrari
C'était l'époque où un dérailleur Shimano 600, c'était le boutte de la marde.
J'ai roulé sur ma petite monture, suave à souhait, pendant 16 ans
avec rage.
avec vitesse.
Dans les rues de Montréal, c'était comme jouer à un jeu vidéo.
Sur les pistes cyclable, je me suis comportée en macho, coursant avec des inconnus qui n'acceptaient pas de se faire doubler.
Puis on est arrivés à la ferme.
où ça aurait pris des roues carrées pour faire rouler mon petit bolide dans la garnotte.
4 ans d'abstinence.
Au printemps passé, un samedi, S est venu me réveiller: "Chérie, ce matin nous allons t'acheter un vélo capable de rouler dans un champ fraîchement labouré. On a pas un sou, mais il reste une petite place sur VISA pour du bonheur"
J'ai appris que shimano 600, c'est dépassé
que les vélo ont bien changé
#2 est rentré dans ma vie. Un Marin San Rafael aluminium.
Oh! Il est dur d'oublier un premier amour.
On doit changer certains comportement,
Soudain les positions les plus jouissives ne sont plus aussi confortables.
Mais Rafael est moins capricieux que Nova...
L'été étant ce qu'il est ici. Un tourbillon. Je n'ai pas fait de vélo de l'été.
Est arrivé l'automne, qui s'éternisait sans que l'hiver se pointe.
Besoin de sortir après 6 mois à me consacrer exclusivement à la ferme.
Et sans le sou.
J'ai mis mes leggings, mes vieux runnings, ma tuque de l'UPA.
J'ai sorti mon vieux discman et y ai inséré DJ Champion.
J'ai enfourché Rafael et je suis partie. Les vaches m'ont regardé passer, comme un train d'enfer. J'ai salué un voisin fermier en tracteur. On avait tous les deux les mains gelées.
O sortait des billes de bois grosses comme les cuisses à Tibi.
J'ai arrêté pour lui piquer un brin de jasette. Entre deux phrases, il descendait les yeux sur mon vélo, pensant sûrement que mon auto était en panne.
J'ai poussé pas mal plus loin que prévu. J'étais exaltée. J'ai grimpé une montagne infinie. Arrivée en haut, dans mes oreilles, Champion en était à Guy Doune.
J'étais heureuse, enfin capable de m'émerveiller devant la vue imprenable sur la vallée.
mardi 17 avril 2007
Virée su'l plato
Nous avons la chance inouïe d'avoir accès à un petit pied à terre.
10 minute de marche de notre ancien chez nous.
Malheureusement, plus pour longtemps.
Je ne le fais pas assez souvent à mon goût, bicose la vie en ville coûte trop cher pour mon revenu rural.
Mais...
quand l'envie devient trop forte, je décolle, seule ou en famille pour aller me réfugier dans ce 2 1/2, coin Marie-Anne et de Lanaudière, et aller faire semblant que je ne suis jamais partie.
Savourer de petits plaisirs de la ville...
Matinaux?
Si c'est samedi, et que je suis seule, ti-déj chez Laika après avoir fait le plein de revues dans le kiosque à journaux d'à côté.
Si nous sommes en famille, me lever la première pour aller chercher deux cafés au lait chez Starbuck ainsi qu'une baguette chaude et du brie de Meaux chez Autour d'un pain... si l'envie de pousser plus loin est trop forte, chez Première Moisson où la baguette est encore meilleure!
Si j'ai prévu partager le petit déjeûner avec la famille de mon grand frère au grand complet ou uniquement avec ma belle amie sa douce moitié, LG, on s'attarde sur la banquette de chez Byblos devant une omelette au feta et à l'aneth, des petits pains aux graines de pavot, de la confiture pétale de rose pistache et l'incomparable café au lait.
L'heure du lunch?
sur le pouce:
un sandwich brie beurre au complexe Desjardins, un falafel pita chez Amir, une soupe Tonkinoise coin Bélanger et St-Denis suivi d'un churros chez Andes, juste en face, n'importe quoi même si ce n'est jamais bien bon, au bistro du Biodôme juste dans le but de casser la croûte avec mes très chers anciens compagnons de travail, C, R, SÉ et cie
en bonne compagnie: Au Petit Alep
en famille: chez Frite Alors
et pour souper?
Fatiguée(s)? On débarque chez Pizza Motta pour en ressortir avec 5 sacs débordants de délices; On arrête chez Sushi & Dépanneur pour se prendre un combo avec extra cornet; on se fait livrer un pad taï de chez Tampopo, un couscous végétarien avec une grosse salade de céleri rémoulade de chez pizza royale, ou on appelle l'indien...
On veut se gâter? des calmar frits avec plein de vin chez Panos, le spécial thon puis une avalanche de sushis, de sashimis et de saké chez Miyako... l'assiette de grillade chez Jano...
Mais le meilleur en ville, c'est quand est invités chez des amis, chez de la famille et qu'on est reçus comme des enfants prodigues!
En fin de soirée, quand on a juste pas envie que la journée finisse, on se boit une bouteille de cuvée Rézin au Réservoir, on marche dans les ruelles, on parle jusqu'à plus soif...
C'est pur plaisir de voir les amis, flaner et à chaque fois croiser un ami, une connaissance, bouquiner à la grande bibliothèque ou chez Olivieri (et y casser la croûte avec un vicking tant qu'à y être), aller au parc avec Loup, faire l'épicerie chez Adonis, yeuter les souliers chez Toni Papas...
Bref... y vivre du petit quotidien...
mercredi 11 avril 2007
Ma prothèse de bras droit
et nécessairement dire non à une option.
Le temps est venu de la sélection de mes prothèses saisonnières.
Choisir ceux qui me serviront de bras droit et gauche, qui me prêteront leurs oreilles et me donneront leur coeur au ventre cet été.
Choisir ceux avec qui je passerai les prochains 6 mois dans une intimité démesurée: le trop froid avec les mains dans l'eau glacée, le bien trop chaud avec trop de peau à découvert, le trop mouillé avec son chapelet de sacres, les soirs de fêtes avec les gueules de bois, les grosses fatigues, les moments de folie, les petits coups de plus, les envies subites, les satisfactions du travail accompli, les listes des choses à faire, le gros stress, et des fois, le pas de classe...
L'an passé j'ai été gâtée. J'avais the dream team: L et Major Babe
L pouvait remplacer presque parfaitement chacun de mes membres et de mes organes, avec sourire et rire facile. Le silence comme le partage était confortable avec L. C'est rare. Précieux.
J, fille du terroir ayant poussé sur la fermette d'à coté, maintenant bachelière en arts plastiques, retontissait, comme le soleil, 2 jours/semaine avec ses gougounes, ses basics et ses histoires de la ville. Nous l'avons rebaptisé en cours d'été. Major Babe. À l'écouter, ces deux jours hebdomadaires où elle quittait la ville et ses talons hauts pour venir piocher la terre où elle a grandi lui étaient essentiels. Pour garder la forme, entretenir son bronzage, se retrouver chez elle où chaque arbre, chaque rocher, chaque petit champs lui raconte une histoire. Son histoire.
dimanche 1 avril 2007
Is god a dog?
Ça peut sembler banal, à la limite du ridicule
Après tout, ce n’était qu’un chien.
Sauf que c’était mon chien. Cowboy.
Personnellement, qu’on puisse s’affubler volontairement la paternité ou la maternité d’un animal domestique me rend mal à l'aise.
« Princesse! Maman est rentrée du travail! »
« Chocolat? C’est l’heure d’aller au parc avec Maman »
Ça n’a jamais été mon cas.
Mon chien avait un statut de chien
Et selon moi ce n’est pas rien
Je comprends très bien que pleurer son chien attire généralement peu de sympathie… et même un peu de mépris
Au fond, la mort d’un animal est bien peu de chose.
Surtout en campagne.
Et surtout quand on a accédé à la paternité ou la maternité 'normale' i.e. humaine
Personnellement, à la minute où je suis devenue mère, j’ai compris que je devenais vulnérable au pire : perdre son enfant. À partir de là, tout prend une importance bien relative. Jusqu’à notre propre personne.
Je me rappelle une photographie parue dans le National Geographic il y a plusieurs années. On y voyait un homme serrant dans ses bras le cadavre de son fidèle compagnon. Il venait de le faire euthanasier. Son visage couvert de larme était partiellement enfoui dans la fourrure du splendide berger allemand.
J’étais allée retrouver mon chien, étendu de tout son long sur le coté, dans cet abandon total dont seul les chiens sont capables.
À son habitude, à mon approche, il a frappé de sol à deux reprises avec sa queue : PAF PAF
Je me suis assise à coté de lui et j’ai reproduit l’image que je venais de voir
Je ne peux pas imaginer ma vie sans chien
Et pourtant, les mois passent et je me pose de plus en plus souvent une question :Si les chiens n’ont qu’un maître, est-on le maître d’un seul chien?
jeudi 29 mars 2007
Une moulinette à faire la vinaigrette, un ratatine ordure et un coupe-friture...
Y avait lieu le SIAL.
SIAL pour Salon International de l'Alimentation.
Ça a lieu aux deux ans et l'entrée est limitée aux gens oeuvrant dans le domaine de l'alimentation.
OUF!
Il paraît que celui de Paris, le plus gros au monde, est 6 fois plus grand que celui de MTL...
qui est ÉNORME!
J'y allais pour 2 raisons précises:
- regarder les étiquettes, en photographier même, en vue du design de celle de 123 soleil!
- trouver une autoclave de grandeur artisanale, i.e. ni familiale ni industrielle.
J'ai vu au moins 100 000 étiquettes, j'en ai photographié deux...
Aucune autoclave artisanale à l'horizon, MAIS j'ai mis 26 personnes sur le dossier....
Le Mapaq, Agriculture Canada, Transaq, Cintech, le Cegep de Maisonneuve et 7 détaillants d'équipements feront des recherches sur le sujet. Ils me feront rapport grâce au code à barre qu'ils ont scanné sur mon badge.
J'ai vu toute sorte de balances électroniques, de machines à emballer, à cuire, à réfrigérer, toute sorte d'emballages, de sacs, d'étiquettes, de toques.....
J'ai mangé toute la journée,
et sans aucun ordre logique:
olives de toutes couleurs, goûts et grosseur, certaines farcies à l'écorce de citron,
tartinade à l'asperge et à la truffe blanche,
artic char élevé au connecticut,
ceviche de pétoncle,
limonade française,
jambon de parme,
bonbon à l'anis,
magret de canard nappé de sauce à la chicoutai
dulce de leche de Provence,
saumon sauvage à la thaï,
mini artichauds d'Égypte,
sauce jalapeno-wasabi,
crème glacée à la patate sucrée enrobée de pate de rix à la noix de coco,
tire au thé vert,
vinaigre au lichee,
noix de Macadam,
foie gras de canard Mulard,
huile d'olive solide à tartiner,
mayo en tube,
verre de vin individuel (en verre) pré scellé,
huile d'avocat,
fraises séchées
fromage de brebis de l'Abitibi
vin de glace rouge
rouleau impérial aux petits fruits,
saumon fumé bio Norvégien (il était aussi bon qu'en Suède!)
pousses de livèche
ETC...
J'ai aussi goutté à 17 huiles d'olives
Mon coup de coeur?
Les sauces bio de la Maison LE GRAND:
1 - citron confit et graines de citrouilles
ou
2- Orange et graines de tournesol
ou
3- Poivre rose et sésame
(ces produits n'y sont pas encore présentés mais ca ne saurait tarder sur: http://www.maisonlegrand.com/):
Toutes aussi bonnes les unes que les autres
de véritables petits bijoux!
Je suis revenue exténuée, avec 2 idées fixes:
-jeûner une journée
-y retourner en 2009
samedi 24 mars 2007
Comment dépenser 50 000$ en deux semaines...
La dernière réponse positive pour le financement du projet de cuisine de transformation est rentré le 15 mars. Nous l'avons officiellement appris le 12.
Ce jour-là, j'étais à Ottawa. Je participais à un événement intitulé 'Farmers meet Chefs' au Château Laurier. Avec beaucoup de plaisir, j'ai renoué des liens avec d'autres producteurs de l'Outaouais et de l'est ontarien, et en ai rencontré de nouveaux. J'ai aussi créé des liens intéressant avec des fournisseur et des distributeurs éventuels de 123 Soleil!
Pour cela, ça valait la peine. Pour ce qui est des chefs... Aucun Martin Picard! aucun enthousiasme, et même un peu de mépris. Certains sont venus toqués et n'ont même pas daigné nous adresser la parole. Des chefs sans passion.... je devine que comme eux, leur cuisine est tape à l'oeil et insipide...
Or...
j'appelle à la maison du centre rideau.
'Bravo Chérie!' (...)
Je me suis payé des sushi
J'étais tellement souriante que je devais avoir l'air de venir d'apprendre que j'étais enceinte.
EN fait je devais avoir l'air complètement insouciante de manger des sushis alors que je viens d'apprendre que j'attends un enfant.
Alors c'est vrai, le projet devient réel.
SAUF QUE...
Les papiers sont arrivés le 15 mars
ET
La subvention du MAPAQ, elle, prend fin le 31 mars.
Pour en bénéficier, nous devons acheter rapidement ce dont nous avons besoin...
pour 50 000$...
Méchant buzz d'adrénaline!
Une chance que ma cuisine, je la rêve tellement depuis des lustres que je sais exactement comment elle sera et ce dont j'ai besoin...
Une chance que S été entrepreneur en construction...
Une chance que mon frère est ingénieur, qu'il n'est pas trop occupé de ce temps-ci et que sa générosité n'a d'égal que sa passion pour la musique (!!!)
Une chance que déjà en 4 ans on a réussi à connaitre plein de personnes gentilles, fiables et compétentes dans le coin...
En une semaine, nous avons réussi à atteindre 31 632$.
C'est de l'émotion forte... surtout après 4 ans à vivre (très) sous le seuil de la pauvreté!
dimanche 18 mars 2007
Érard (oui, oui: Érard!) Séguin et autres fermiers
Hier soir nous nous sommes vus décerner le prix ' sur les traces d'Érard Séguin' dans le cadre de la 17e édition de la soirés action valorisation.
Nous n'étions pas peu fiers!
Cette bourse est accordée à une entreprise agricole de moins de 5 ans qui ' représente l'avenir et le développement du secteur agroalimentaire en Outaouais'.
Il devrait y avoir une petite couverture dans les médias locaux demain: M. Soucy du Droit et le Transcontinental étaient là pour les 'portraits'.
J'avais préparé une petite allocution sur papier, au cas où.
Je n'avais plus aucune envie de la lire juste avant les nomination.
Et puis... j'ai fait une femme de moi...
Je vous donne donc le milieu, j'avais vendu le 'punch' l'autre fois...:
Samy et moi, nous ne sommes ni l'un ni l'autre fils d'agriculteur.
Quand nous avons quitté Montréal il y a 4 ans pour devenir fermier, nous venions d’avoir un enfant, nous voulions changer de vie, vivre à la campagne, travailler ensemble…
nous avions des rêves plein la tête.
On trouvait qu’on travaillait fort à Montréal…
on se disait qu’être fermier, ce serait relax,
qu’on aurait plein de temps à passer avec notre garçon…
(là, les gens ont ri)
La réalité de la vie d’agriculteur est venue nous rattraper assez vite!
on a appris très rapidement qu’être fermier c’est exigeant,
ça demande énormément d'heures de travail…
et puis, ce n’est pas payant!
Sauf que… Au lieu de nous décourager,
Nous avons développé une vraie passion pour l’agriculture.
Parce qu'être agriculteur c’est le plus beau métier du monde.
EN nous voyant arriver, je pense que nos voisins ne donnaient pas cher de notre peau…
Nous avions plutôt l'air des arpents verts que d'agriculteurs...
(ils ont reri!)
Nous sommes très fiers d'entâmer 5 ième saison de production
Et je suis très très heureuse d’annoncer officiellement, c'est tout chaud, que nous construisons une cuisine de transformation ce printemps
Nous allons cuisiner nos légumes bio dans une ligne de produit qui portera le nom de 123 Soleil!
J’en profite pour remercier tous ceux qui ont cru en nous,
C’est grâce à eux que nous avons persévéré
C’est parce qu’ils nous ont fait confiance et ont cru en nos projets que nous sommes ici ce soir :
Merci à La SADC de Papineau inc. particulièrement à Jean-Denis Deschênes et surtout surtout à Mélissa Bergeron qui fait un travail extraordinaire et qui est pour nous une vraie génératrice dans le moments de panne d’énergie!
Merci au CLD des Collines de l’Outaouais, et surtout à Marie-Claude Ouellet et Hugues Dupuis qui nous ont aidé à foncer dans le nouveau projet de cuisine de transformation 123 Soleil!
Merci au MAPAQ, Sylvain Pamerleau et Christine Dion qui ont embarqué avec enthousiasme dans projet 123 soleil! malgré des délais un peu fous!
Merci à la Financière Agricole, et particulièrement à Anne Brousseau, qui nous a forcé à nous dépasser
Merci enfin et surtout à ceux qui mangent nos légumes,
nos partenaires en ASC,
nos clients,
nos employés,
nos voisins…
beaucoup d'entre eux sont devenus des amis
La plus grande satisfaction que nous ayons à être agriculteur,
notre salaire à nous,
c'est de vous nourir,
c’est votre enthousiasme, votre satisfaction, votre sourire et celui de vos enfants qui mangent de bons légumes biologiques frais…
Votre soutien et votre engagement envers nous est incroyablement inspirant
Et nous laisse penser qu’ensemble, à notre mesure, c’est vrai que nous changeons le monde.
À chaque année, nous réalisons un peu plus que notre ferme,
notre rêve n’appartient plus seulement qu'à nous
que c’est un rêve que nous sommes en train de rêver avec plein de gens iui gravitent autour de nous.
Nous sommes extrêmement fiers d’accepter le prix Érard Séguin pour la relève en agriculture ce soir parce que nous sommes fiers d'être agriculteur
Comme je le disais au début, Samy et moi, nous ne sommes ni l’un ni l’autre fils d’agriculteurs
Mais notre fils de 4 ans, lui, est un fils d’agriculteur.
vendredi 9 mars 2007
un discours!
Au cas où, entre deux semis de poireaux, j'ai commencé à penser à mon discours.
Je me suis émue toute seule dans le sous-sol.
Ça commence par:
S et moi ne sommes ni l'un ni l'autre fils d'agriculteur...
Ça finit par:
S et moi ne sommes pas fils d'agriculteurs mais notre fils, lui, est un fils d'agriculteurs.
Il me reste à trouver le milieu...
jeudi 8 mars 2007
la fin de l'humanité
Je ne sais pas trop pourquoi je ne l'avais pas lu avant. J'avais entendu l'auteur à Indicatif Présent à la sortie du bouquin et le propos ne m'avait pas accroché. C'était le printemps si je me rapelle bien... Au printemps je suis toujours trop de bonne humeur... c'est le début de la saison, le temps des semailles et des plantations... On se prévoie une saison extraordinaire, on s'imagine des récoltes dignes des noces de Cana, l'avenir s'ouvre à nous... Un moment peu propice pour lire au sujet de la souffrance humaine, la perte ou le trop plein d'humanité, le 'Bob' (l'esprit malin de Twin Peaks) qui sommeille en chacun de nous.
C'est à l'automne, saison d'encabanage, de noirceur et de mort que j'ai dévoré ce livre que je qualifierai de chef-d'oeuvre. C'est un gros mot, je sais, mais c'est un des livres qui m'a le plus émue, troublée, questionnée, boulversée... Quand j'ai eu fini de le dévorer pendant une nuit d'insomnie, je suis restée à regarder la jaquette les yeux pleins d'eau. Je n'étais plus tout à fait la même...
J'avais lu 'Autour de Dédé Fortin' à sa sortie. Ce livre m'avait profondément interpellé. La raison en est simple: nous faisons partie de la même génération. La X. Même si je trouve un peu con de nommer les générations à chaque 2 ans et de s'examiner le nombril jusqu'à ce qu'il saigne, à part l'âge il y a des conséquences collatéralles à être né à une même époque. Et être fils et fille de baby boomer, ça crée des dommages. Barbe, comme nous tous a été terriblement meurtri par le suicide de Dédé et a tenté bien humblement et subjectivement de le comprendre dans ce livre. Je me suis complètement retrouvée dans ses propos.
Mais là, je sens que ma cohorte est en train de subir une profonde poussée d'acné. Je regarde autour de moi et il me semble que les x deviennent majuscules. Avec la quarantaine, nous ne pouvons raisonnablement plus être les 'jeunes'. Si les caissières sont plus jeunes que nous c'est peut-être que nous sommes devenus des adultes. Nous avons passé tellement de temps dans nos cocons, victimes d'infantilisation extrême que maintenant venu le temps de temps de l'éclosion, nos imago sont surdimensionnés. Trop achevés.
...
Je me suis mise au clavier parce qu'avant de remettre 'Comment devenir un monstre' à MC, ma bibliothéque personnelle (M.A. littérature maintenant gestionnaire), je voulais recopier ce passage:
C'est magnifique et c'est vrai.
Le problème avec l'agriculture contemporaine, c'est qu'un fermier qui a ce niveau de contact avec son labeur risque fort de faire faillite.
Et ça, c'est d'une tristesse sans fin
Parce que ça, c'est un peu le début de la fin de l'humanité.
dimanche 4 mars 2007
Mme Bou
Ils ont fini par se trouver une maison à Buckingham et déménageront après Pâques. Depuis que je la connais qu'elle me dit à quel point elle a hâte d'aller vivre à 'Buckyam'. Elle se sent seule ici.
Mme Bou habite sa maison depuis 56 ans. Quand nous sommes arrivés sur notre terre, le 25 septembre 2002, elle était partie chez sa fille pour quelques jours. Nous nous étions alors empressé de recouvrir l'affreux crépit avec de la peinture bleu Marakesh. Comme elle était rentrée chez elle le soir, c'est seulement en ouvrant ses rideaux le matin qu'elle a pris connaissance que la maison grise qu'elle voyait de sa fenêtre tous les matins depuis 56 ans était devenue bleue!
Elle m'a raconté que l'espace d'un instant, elle s'était crue aux Îles de la Madeleine.
M. Bou, son époux, quitte la maison à 7h00 le matin. On le voit revenir à 11h50 tous les jours pour dîner et il remonte sur son tracteur à 13h00. Ils soupent à 17h00 pile. Chez nous, nous soupons à 18h30. M. Bou dit que nous soupons à l'heure des 'sport' (sport prononcé à l'anglaise). Après le souper, M. Bou ressort travailler. L'été, on le voit s'occuper de son jardin de patates ou passer la tondeuse autour de la maison.
À 82 ans, M Bou prend de plus en plus de temps pour aller chercher les vaches, il est fatigué le soir et ça inquiète madame. Elle a peur qu'il lui arrive quelque chose, et elle, elle ne sais pas conduire la voiture, seulement le tracteur.
Mme Bou pensait qu'après avoir vendu la ferme à leur fils, il y a 10 ans, ils iraient vivre en ville et qu'elle pourrait enfin voir du monde.
Ça aura pris 10 ans d'attente
Hier, en me parlant de ses préparatifs de déménagement, Mme Bou n'était pas aussi enthousiaste que je l'aurais imaginé. Avant on se demandait ensemble que ferait M Bou en ville mais son mari n'est plus sa préoccupation.
Mme Bou m'a dit ' qu'est je vais faire, moi, en ville dans cette petite maison-là?'
vendredi 2 mars 2007
Dinde pondeuse dans tempête de neige
Malgré la tempête.
Notre nouvelle cohorte de MAGNIFIQUES pondeuses s'est mise au travail.
Parmi ces dernières, une belle grosse dinde
qui elle aussi nous offre avec gratitude le fruit de ses entrailles:
De beaux gros oeufs picotés à la coquille bien dure.
Il y a des années où nous offrons des douzaines d’œufs composites à ceux qui nous invitent à souper: dinde oie canard et poule, 3 de chaque...
C'est con et tellement attendrissant, une dinde. Ça nous met en contact avec l'essentiel, une dinde. Comme René Simard, un peu.
à l'automne, ma jeune chienne m'en a tué une. nature canine. Elle est demi malamut demi rothweiler. Elle a beau faire de gros effort, c'est plus fort qu'elle. Une dinde, ça fesse! Très peu de sa race restent indifférents devant la démarche d'une dinde. Et Laska.... et ben... ça la rend folle!
Alors entre deux coups d’œils dehors ce qui avait changé c'était la pelouse (si on peut l'appeler comme telle... ):
prise 1: vert impeccable
prise 2: CADAVRE D'OISEAU OBÈSE EN TUTU DE PLUMES BLANCHES AVEC TACHE DE SANG AU CÔTÉ GAUCHE.
J’ai fait une fermière de moi. J’avais élevé cet oiseau depuis sa tendre jeunesse (1 jour!), je ne pouvais pas me résoudre à laisser sa chaire nourrir les asticots.
J’ai ouvert le tiroir
Je me suis mordu l’intérieur des joues.
J’ai revécu en accéléré mes 13 ans de végétarisme
J’ai empoigné mon rappala gainé de cuir, modèle de luxe que samy m’avait offert 7 ans plus tôt quand il m’avait amené pour la première fois à la pêche.
Je suis sorti avec une assiette de porcelaine blanche à la main, mon couteau à dépecer dans l’autre.
Je me suis mise à genoux et ai mis les mains sur le corps tout chaud.
J’ai planté la pointe de mon couteau au creux de l’oiseau sans essuyer les larmes qui ont brouillé mes yeux.
J’ai prélevé poitrine, pilons et hauts de cuisses que j’ai cuisiné en tagine dans l’heure qui a suivi. Nous avons bien mangé.
dans les jardins du Québec
Nous avions pris la journée pour aller à une de ces si enthousiasmantes formation de M. Lafrance au cegep de Victo. Question d'écouter les gens d'expérience et s'inspirer.
Mon paternel nous a fait de divins magrets de canard et Mado une crème caramel à l'érable pas piquée des vers. J'ai été pourrite et j'ai courru après.
Mais le lendemain... direction 'les jardins du Québec'.... on s'en va magasiner de la machinerie aratoire dans la terre des maraîchers du Québec.
J'ai le coeur serré d'admiration... et de dépit. Chaque maison a sa serre et sa magnifique terre ... noire... mais je ne sens rien... pire je sens que je m'enfonce dans un saran wrap...
On cherche une butteuse... M. Lafrance appelle ça une plancheuse et Mme Pomerleau un mouleur à plate-bande. Nous y pensons depuis 3 ans et partager la journée qui vient de passer avec des bonzes à discuter de nos besoins et de ce qui existe a pas mal arrêté notre réflexion....
Nous sommes prêts. ET nous ne sommes même pas libéraux.
Je la veux ma plancheuse et je m'imagine tout l'avenir moulé à 8'' de haut... avec des sillons que je mets où je veux. Je ne peux plus m'en passer.
MAIS...
Déception...
Les maraîchers du québec ne cultivent pas la diversité et s'équipent en jet privé pour leurs besoins. On se fait traiter en trud'cul par des red necks.
DUR. Mon coeur qui aime tant la terre et ceux qui y mettent les mains est chaviré...
puis je me dis que leurs mains sont probablement propres... et qu'ils en sont fiers.
Tant pis.
On se fera faire not' butteuse. Super versatile et efficace.
D. de Chez M. est super bon pour souder. Il est chèrant et a l'air bête mais il travaille bien et au fond il est bien fin. Sinon il y a B. au coin. Toujours prêt à travailler. Et à la limite il y a F... mais il a bien assez de sa ferme en démarrage et de son tout neuf bb de 4 mois à s'occuper


