mercredi 19 septembre 2007

De retour en scène

Côté course.
J'ai ralenti la cadence.
Légèrement.
La codéine n'étant pas un stimulant très efficace...
Quand je suis tombée, une équipe d'athlètes bien intentionnés, ayant le fil d'arrivée bien en vue, du souffle et du coeur à revendre ont attrapé le bâton de relais qui me glissait des doigts. Heureusement.
Ils me l'ont rendu la semaine passée. Me l'ont glissé dans la poche parmi les cailloux de Loup, c'est là qu'il entrepose sa collection.
Et j'ai repris la course, mon petit pas cahin caha, le souffle court, la tuque horrible plantée sur la tête, la boîte de mouchoir sous le bras...
Mon équipe... Je n'en parle pas assez... mais au rythme où je blogue et à la quantité de choses qui se passe au champ et dans mon crâne, que voulez vous...
J'y réserve un billet à ma dream team.




Côté jardin.
En mon absence, mon jardin a survécu un premier gel significatif protégé de bâches et de sprinklers.
C'est toujours un stress immense et au fond du coeur, une petite envie de délivrance...
Nous faisons tout en notre pouvoir pour protéger nos belles cultures sensibles au gel mais la saison prendra fin un jour et le temps vient de laisser la récolte quotidienne de haricots, courgettes, pâtissons, tomates, concombres pour se consacrer à vider le champ avant que le sol ne gèle complètement...

dimanche 16 septembre 2007

Ailloille!

Je suis tombée au combat cette semaine.
J'ai pris un panneau de signalisation en pleine bouille.
Et d'aplomb.
Ça faisait pourtant au moins un bon mois et demi que je pouvais le distinguer au loin.
Il devenait de plus en plus gros, plus rouge...
Mais moi, je courrais sous les bombes, le petit Loup sur le dos, des tomates plein les mains, des listes de choses à faire s'envolant de mes oreilles et dans le dos une gourde de vin...
Subjuguée par la végétation m'environnant, luxuriante, enivrante, je n'y ai vu que du feu.
Jusqu'à ce que je le prenne en pleine poire, sur le côté gauche du visage.
Le nez, la joue, l'oreille et la mâchoire ont été touchés.
et Selon le gentil Dr L., quelques éclats se seraient peut-être logés dans les poumons.
2 jours à me vider de mes fluides vitaux, plusieurs litres de sueurs, mucus, bile y ont passés.
La fièvre délirante
La faucheuse qui tournait autour du lit...
"Hors saison!" je lui criais!

Le matin, S se présentait à mon chevets, m'offrant crayon et papier pour noter mes dernières volontés:
  • Soigner oiseaux d'en bas et poules (je l'écris tout le temps même si c'est moi qui m'en occupe le moins ici, je me dis je si quelqu'un oublie, je ne serai pas à blâmer)
  • Irriguer serre
  • Arroser blocs
  • tchèquer melons, récolter butterscotch et goûter crookshaws
  • Assez de maïs #2 pour les paniers?
  • 36 paniers et 1 panier de remplacement pour MP et CG
  • Récolter choux-fleurs graffiti
  • Récolter haricots, tomates courgettes concombres broco...
  • Préparer 200lb tomates pour matante Léonne (11h30)
le crayon me glissât des doigts et je gémis dans un dernier souffle:
-Pour les paniers, allez au plus simple: courgettes, concombres, broco, carottes, laitue, tomates, haricots et mettez les melons s'ils sont bien mûrs et des poireaux qu'il faut commencer à sortir du champs...

et je sombrai dans un autre délire de fièvre de 24h où je revis le panneau de signalisation qui m'a frappé si violemment et si douloureusement...

C'était écrit:

ARRÊT
STOP

jeudi 6 septembre 2007

le sprint du marathonien


Où suis-je?
Où est donc Salette?
Non, Salette n'a pas encore crevé d'être fermière.
Et Salette est encore moins en vacance.
Salette rêve de bloguer mais...

Je suis ensevelie sous une avalanche de tomates, concombres, haricots, choux, courgettes, melons, brocolis, carottes, etc...
Je sors la tête pour respirer quelques minutes avant de m'endormir avec un livre et ensuite m'enfouir dans des rêves aux saveurs de légumes, aux odeurs de légumes, aux images de légumes...

Et je compte...
je fais mes bottes de carottes et je compte les carottes...
et je compte les bottes...
et je compte et je compte et en m'endormant ça compte tout seul dans ma tête...

La saison de maraîchage est un marathon.
À mi-saison, la fatigue nous prend. Les crampes se pointent. Le souffle est court.
Et c'est là qu'il faut sprinter.

Récolter tout ce que le jardin nous offre, sans négliger l'entretien de no belles plantes, vendre le maximum et conserver les surplus.


Quand je ne suis pas en train de récolter, couper, tirer de la terre, cueillir les fruits, botteler, laver, peser, compter et ranger dans la chambre froide, j'emmagasine.
La cuisine de transformation avance mais n'est pas encore prête...
Les tomates elles le sont.
Tout comme bien d'autres occupants de mon jardin.

Ça me hante...
Les cornichons, les tomates, les brocolis, les haricots qui s'accumulent
Alors, le soir je conserve.
Le mercredi, je conserve.

Des sprints de fous.
J'en suis à 214 L de tomates, en pots stérilisés sur du temps volé à mon sommeil et à mon garçon, à 74 pots de cornichons à l'aneth de 1L, à 5 boisseaux de haricots blanchis et congelés, à 38 choux fleurs blanchis et congelés, tout comme les 57 brocolis...
Ne rien perdre de cette avalanche de bonheur...
Ah! Et puis il y a eu la rentrée scolaire de mon petit avec le petit lunch, le gros sac à dos, la petite maternelle, le gros autobus jaune et l'avalanche d'émotions...
Et puis, il y a eu le premier gel avec la nuit blanche, les agrotextiles et les sprinklers...
Je savoure et en même temps
J'espère la ligne d'arrivée







mercredi 8 août 2007

Moi, Paysanne


L'autre soir, j'ai revisionné le documentaire de Ève Lamont, PAS DE PAYS SANS PAYSANS.

Bon, ce n'est pas parfait, structure en broche à foin, montage au rateau, voix off de fond de tracteur... mais toujours aussi important et pertinent comme propos. Et on en parle jamais, nulle part.... De ça... de nous... De la production de la nourriture que l'on mange tous... et de nous, agriculteurs qui, fourche à la main, alimentons nos fourchettes.

Je l'ai écouté avec L super bras droit et ma provençale de wwoofer, alors ça prenait une autre dimension. Situer ensemble notre travail quotidien dans le contexte actuel, québécois et mondial. Aux premiers visonnements, ce film m'a laissé les yeux rougis et un gros moton dans le gorgotton. Depuis que je vis la transition de trendy citadine à farmière profonde, j'ai passé par beaucoup de phases: le choc de la réalité agricole, la négation, la révolte, la crise et l'envie de crier sur tous les toits, le désespoir... ce soir là, j'ai réalisé que je suis passée à une autre étape: la résignation. L'écoeurement de la situation et le désarroi du politique.

Je savoure chaque jour à la ferme comme si c'était le dernier. Je me dis que planter mes petites graines et produire de la nourriture que je veux belle, saine et savoureuse pour mes concitoyens, c'est ma révolte. Et je suis lucide malgré Lucien, je sais bien que je ne pourrai peut-être pas continuer comme ça. Je me dis que je me paye un trip en rêvant toutes les nuits de refaire un vrai voyage. Voyager comme avant... Travailler comme des fous et tirer le diable par la queue tout en vivant dans la même société que les autres. Je suis utopiste mais je suis fidèle. Mes anciens goûts ne m'ont pas quittée parce que j'ai quitté la ville pour la campagne profonde. La culture me manque avec tout ce qu'elle a de beaux et de pervers: le théatre, le cinéma, la musique, les musées, et la mode, les soins de beauté, le bon vin, les restos, la consommation et encore la consommation...

J'aime profondément mon travail et quand on est pas trop dans le rouge, j'oserais même dire, Oh Obsénité! que je suis heureuse

Suite à ce revisonnement, J'ai aussi très viscéralement réalisé à quel point je suis chanceuse parce que, 2ième obsénité: j'habite au paradis

Dans le docu, Mme Lamont, dresse un portrait bien peu reluisant de l'agriculture actuelle et prête le micro à des paysans d'un peu partout. Ici sur mon chemin de garnotte, je suis au paradis, entourée d'une nature belle et généreuse et de voisins paysans authentiques. Aucun n'est bio mais tous travaillent à dimension humaine, de façon traditionnelle. Bien loin de ce qu'est devenue la 'vraie' agriculture. Au quotidien, je ne suis confrontée à aucun OGM, aucun élevage de type camp de concentration... pas d'agrobusiness autour de moi. De la paysannerie naturelle, traditionnelle, qui va de soi! Et le meilleure la dedans, c'est que je suis la seule qui a fait un retour à la terre, mes voisins pratiquent l'agriculture parce que c'est comme ça qu'on vit. L'agriculture n'est pas un métier... L'agriculture est un mode de vie... jusqu'à ce qu'on en crève.

Si vous ne l'avez pas encore vu, il est sûrement disponible à votre bibliothèque municipale.
Pas vraiment divertissant comme soirée mais... important. Après tout, on mange tous.

dimanche 5 août 2007

Le beau et l'immonde

L'artiste photographe, Chris Jordan a exposé récemment certaines de ses oeuvres au Von Lintel Gallery de New York City... Celle-ci:



Porte la mention:
Plastic Bags, 200760” x 72”Depicts 60,000 plastic bags, the number used in the U.S. every five seconds....
Pour en voir plus

Merci à Renart Léveillé pour avoir passé le mot

Du thym à la farigoule

Notre belle oiselle s'est envolée voilà près d'une semaine.
Elle laisse un vide.
Elle a pris son vol vers sa chaude Provence, notre provençale de wwoofer.
Elle hume maintenant le romarin, la farigoule et la lavande.
Et dans mon champ, il manque sa gentillesse, son authenticité, son entrain et sa force.
Et dans ma basse-cour, son dévouement.
Dans ma famille, il manque un membre.
Elle aura passé 3 mois avec nous. Nous l'aurions gardée avec nous tout le temps.
Si tu lis ces mots, merci pour tout, du petit matin aux petites heures du matin, de la cuisine à la E, en passant par le chalet, le camping et les lacs.
Tu as un chez-toi chez nous.
C'était un privilège de t'avoir, et e t'avoir si longtemps dans l'équipe
Nous te souhaitons tout le meilleur, tu le mérite au grand complet. xxx
en mémoire d'un de ces beaux vendredis festifs...

lundi 30 juillet 2007

HAAAAAAAWWWWWW!

Pas le temps pantoute.
Pas le temps de rien.
et surtout pas de temps pour bloguer.
Pas pour rien que les agriculteurs sont presque absents du web.
Pas le temps jamais!
La moitié de la saison derrière nous.
On prend une grande respiration et on replonge.
On va avoir des légumes! on va avoir des légumes!
On a rêvé de récoltes gargantuesques.
Je pense qu'elles sont à nos portes!

jeudi 26 juillet 2007

Mots de Loup #2

Les journées sont bien remplies.
Elles se terminent tard.
Éreintée, épuisée, les pieds encore pleins de terre, je passe border mon garçon de 5 ans en allant rejoindre mon lit.
Il se réveille à demi et me lance:
"Maman, je veux un verre d'eau bio!"

dimanche 22 juillet 2007

La vie heureuse des petits oiseaux

Qu'ils sont beaux, les petits oiseaux!
La marmaille grandit et à chaque jours, le souvenir des petits poussins qu'ils furent il n'y a pas si longtemps s'estompe. Sans le savoir, ils exhibent magrets et pilons en courant dans l'herbe tendre pour poursuivre un papillon ou un gros taon. Ils ont commencé à s'empiffrer de fanes et de légumes déclassés. Les graines de concombres les rendent fous.



Aux piaillement on succédés les cot cot, glou glou et coin coin. Sympathiques compagnons, on ne peut s'empêcher de les saluer chaque matin.


Notre bien-aimée provençale de wwoofers en prend grand soin depuis le berceau. Et quels soins! le plus bas taux de mortalité infantile jamais inscrit à la ferme. Je l'espionne la wwoofer, le matin. En ouvrant la porte, elle reste là dans l'embrasure à leur placoter celà. Elle leur donne quelques leçons de vie, et des fois, elle hausse le ton. Elle s'éclipse à 4 heure en plein désherbage pour aller nourrir la marmaille, elle les a à l'oeil quand ils sautent la clôture... elle les ramène au bercail en prenant bien soin de ne plus en écraser un (!!!).


notre belle provençale s'envolera vers les vieux pays dans 7 jours...

samedi 21 juillet 2007

Que dalle!

Moment fatidique dans la construction de la cuisine 1 2 3 Soleil!: Couler la dalle.

Les finisseurs de béton que nous avons contactés étaient tous débordés à quelques jours du début des vacances de la construction. Pas de temps pour notre petite dalle. Quand on en a enfin déniché un, il venait sans facture.

Too bad! Les travaux ne pouvaient plus attendre. S a décidé de plonger.

Notre dalle sera artisanale comme le reste, une dalle hand made.

Quelques contraintes, un chauffage sous dalle et une plomberie sous dalle, ajoutaient au défi.



Cher voisin, époux de chère voisine, a mis de côté ses billots à trancher pour se greffer à notre équipe inexpérimentée. À plat ventre, cher voisin s'est assuré que mon plancher soit de niveau. Grâce a lui, le frigo ne roulera pas jusqu'aux toilettes...


Une fois le béton en place, restait à le lisser. S, satisfait s'y est mis...



Jusqu'à ce qu'il se mette à pleuvoir des cordes. La tempête a arraché la structure sensée protéger le nouveau plancher de l'averse, les 2 x 6 revolaient à qui mieux mieux sur la dalle fraîchement coulée. L'équipe détrempée tenaient un polythène à bout de bras afin de minimiser les dégâts. La douche.

C'était vendredi 13

mercredi 11 juillet 2007

Les petits dessous de la certification bio

Lundi, nous déroulions le tapis rouge (brun, en fait) pour l'agente d'inspection de certification biologique. Annuellement, Québec Vrai nous envoie son inspecteur. Cette année, c'était une ravissante inspectrice. Tout y passe. La comptabilité. L'analyse d'eau du puits artésien. Le champ à la loupe, bien sûr. La serre au binoculaire. La chambre froide. Les facturations. Les registres de compostage, d'entretien de la machinerie, de plaintes, de rotation des cultures, de travail du sol, de productivité au champ, de planification des cultures. Les factures de chaux, de semences...

Pour vous expliquer et vous convaincre que les gros dollars que nous alignons pour pouvoir afficher que nos PRODUITS SONT CERTIFIÉS BIOLOGIQUES PAR QUÉBEC VRAI, ce n'est pas de la foutaise, cette visite dure jusqu'à ce que tout y soit passé. Ici, la comptabilité, le devis de production et les registres sont heureusement à date et en l'ordre, malgré l'apparente entropie ambiante. Elle a duré 3 heures d'interrogatoire et d'inspection. Chez certains, que nous ne nommerons pas, ça peut s'éterniser. Les inspecteurs sont tous agronomes. En cas de doutes sur nos pratiques, ils ont le mandat d'effectuer des visites surprises. Comme ferme certifié biologique nous acceptons d'être complètement transparents et de les laisser fouiller partout, même dans le tiroir des soutifs et autres bobettes.

Pour une cinquième année, nous le disons haut et fort:
NOS PRODUITS SONT CERTIFIÉS BIOLOGIQUES PAR QUÉBEC VRAI.
Et au prix que ça me coûte, je le répète:
NOS PRODUITS SONT CERTIFIÉS BIOLOGIQUES PAR QUÉBEC VRAI!

lundi 9 juillet 2007

Loup et l'eau, loup de mer


Un dimanche au lac Écho
Photo de parent... la maman n'a pas résisté à l'envie de la publier....

Il avait plu tout le dimanche...

Une bonne pluie, la nuit passée...
les plantes en avaient bien besoin mais la pluie me rend toute crispée. Contradictoire...
Je l'entendais tapocher sur mon toit de tôle, juste au dessus de ma tête et à l'intérieur, de ma tête, c'était amplifié
J'ai vu dans mes rêves (cauchemars?) mon champ enseveli sous un déluge d'eau.
Mon champ sous la mer, et puis... couvert de neige.
Je criais: les tomates, les tomate!
et essayais de me résonner: les choux kale profiterons d'une petite gelée côté saveur...
La pluie, c'est l'équilibre essentiel mais suite à l'été passé, j'ai gardé un arrière goût de bouette...
J'essaie d'avaler mais j'éructe encore....

samedi 7 juillet 2007

Nouvelles en vrac

Cette semaine, nous avons livrés les premiers paniers de légumes frais aux partenaires de la ferme en ASC. Passer à la récolte était réjouissant pour tous. L'abondance...

Quelques moments de socialisation avec les clients. Malheureusement, nous ne pouvons être présents à toutes les livraisons, trop de temps à l'extérieur du champ. Il y a les anciens qu'on retrouve avec joie et les nouveaux qu'on rencontre avec l'espoir de satisfaire leurs attentes. Après deux mois à évoluer en circuit fermé avec l'équipe de la ferme, ça fait du bien de voir du monde.

Les mardis, nous livrons à Buck'yam. Il y a beaucoup d'enfants qui viennent chercher les légumes de la semaine avec leur parents. Chaque saison il y a quelques tout-petits qui s'ajoutent et des bedons qui s'arrondissent. L'image idyllique de l'agriculture soutenue par la communauté. Des jeux d'eau sont situés à quelques pas. Certains clients qui sont devenus des amis profitent du moment de la collecte du panier pour piqueniquer en famille, les enfants, y compris le mien, s'en donnent à coeur joie, revenant chaque 10 minutes, tout mouillés pour prendre une bouchée de sandwich ou croquer dans le concombre et les radis à peine sortis du panier. Des légumes fraîchement récoltés plein de vie pour nourrir le feu de ces petits corps qui courent sous l'eau.

Après les canicules de juin, juillet est arrivé en fraîcheur. Agréable pour travailler. Les nuits sont particulièrement fraîches. Bon pour les laitues mais ça ralenti quelque peu la croissance de beaucoup de légumes. Ils n'en seront que plus savoureux. Le champ est "glorieux" et je ne me lasse pas de l'arpenter. Tout a bien levé, tout pousse bien, peu de ravageurs nous titillent.... et la clutch du tracteur tient le coup!

Quand à la construction de la cuisine 1 2 3 Soleil! Nous sommes légèrement en retard sur l'échéancier et chère voisine rigole: "As-tu déjà vu ça, toi, un entrepreneur qui respecte l'échéancier?" Nous devions couler la dalle aujourd'hui mais le finisseur de béton s'est désisté à la dernière minute. Ça sera pour cette semaine et après, le fun commence: les murs! le toit! et après le gros fun noir: la céramique, l'aménagement, les couleurs... Nous avons reçu des proposition d'étiquettes pour les produits 1 2 3 Soleil! de notre talentueuse graphiste/designer... C'est beau, c'est excitant, c'est réel... et c'est même pas stressant.

Je suis la plus choyée des fermière avec une équipe de travail en or pur! Je ne pourrais rêver de mieux. On travaille dur et dans la bonne humeur. Et il y même Major Babe qui vient faire son tour une fois de temps en temps pour se faire dorer la couenne en donnant un coup de main ou un coup de binette et en nous faisant la jasette.

La marmaille a commencé a sortir au grand air cette semaine. En passant près de leur parcours, nous ne pouvons nous empêcher de répondre à leurs coin-coins et de sourire en apercevant leurs petits derrière sous un gros plant de bardane, le bec à l'ombre...

vendredi 29 juin 2007

Des vacances! ?

La livraison des paniers commence la semaine qui vient.
L'équipe est excitée à l'idée de passer à une autre étape:
commencer à récolter et à livrer le fruit de notre labeur.

C'est tellement beau dans le champ qu'on a envie de gambader.
De faire de flip flaps.
de chanter GLO OOOOO OOOOO OOOOO RIA!
Au dîner, ça me brûlait les lèvres de leur avouer mon envie qu'on commence par une prière...
Païenne.
Action de grâce.
Ha... c'était bon!
une omelette aux 14 oeufs frais de nos belles poulettes et aux épinards (Monstrueux de Giroflay), une salade de 6 concombres et une salade de 8 tendre laitues boston et de capucines...

Enfin les récoltes commencent...
J'écris ces mots entrecoupés de croquage de radis Shunkyo et de navets Hakurei....
Ceux qui les connaissent comprendrons mon plaisir à le mentionner.

Ha... et puis il y a du vin.

C'Est les vacances!
Cet hiver, un ami a lancé la proposition d'aller camper en fds. J'ai réservé notre site en toute connaissance de cause. Ça n'a aucun sens d'aller en vacance maintenant. Sauf que j'ai pris ma carte de crédit et me suis dit: allez hop! on fait les fous!

Aller camper.... on faisait ça quand on était en ville.
Maintenant... partout est moins rustique que ma campagne profonde.
Mais je me suis dit: il n'y aura pas la vue sur le champ.
Le plus beau champ à mes yeux est aussi celui qui provoque des listes infinies dans ma tête:
Désherber la A1-7, ,
tailler et vaporiser au purin d'orties les tomates,
Ouin. faire un nouveau purin d'orties...
Aller voir où en sont le carottes,
Les derniers haricots ont-ils bien levé?
Greliner la F,
laver les plateaux,
tuteuriser les consombres dans la serre,
Dans la serre... ne pas oublier de vérifier pour les crysomèles, D a signalé une émergence aujourd'hui...
et les doryphore aujourd'hui? Combien? demander à L.
préparer les planches pour semer les carottes de conservation
etc. etc etc.

Aller camper? Complètement désinvolte la fermière!
Aller camper? Obligée!
Il y a un petit garçon de 5 ans qui n'a jamais campé avec ses parents.
Eux qui campaient chaque fin de semaine avant sa naissance.
Moi qui ai passé 7 étés dans une tente en Abitibi.
La solution? le relais!

S est parti après l'omelette et demain fin pm, je réintègre ma tente jusqu'aux récoltes qui commencent, elles, lundi midi.

Hasta la vista, Blond B

Notre provençal de wwoofer s'est envolé hier soir vers sa terre natale.
Il est reparti là où il y a 350 jours de soleil par année
après près de 2 mois passés avec nous à la ferme.
Sa douce, notre provençale, restera encore un mois ici.
Merci B pour les bons moments, les conversations sur l'agriculture, les voyages, Kokopelli, la bouffe... et les divagations tard le soir ou en pleine journée, les bonnes bouffes... et tout le reste!
Avoir des gens comme toi à la ferme, ça nous garde dans le droit chemin.
Ça nous ramène à la tête et dans le coeur les motivations profondes pour s'échiner à 38oC, et continuer à faire le plus beau métier du monde malgré les insectes piqueurs ...
Garde les yeux bien ouverts,
Contourne toujours les rhubarbes avant de descendre les côtes,
Va où ton coeur t'amène, à Paris, Lyon où Marseille...
Garde espoir,
Cottoyer des personnes comme toi, ça rend l'espoir plus rationnel...


Merci!

ET te voilà en photo non autorisée...

lundi 25 juin 2007

Le champ de Mme Kildir

Tout va bien.
Il n'a pas neigé.
L'embrayage du tracteur tient le coup.
Le champ est splendide.
La serre est parfaite.



Nous contrôlons les mauvaises herbes.
Nous nous empiffrons de fraises et de concombres de serre, de laitue et de rappini.
Ça pousse à une vitesse folle.

Employés et wwoofers ont profité de la longue fin de semaine pour guérir leur milles et un bobos.
2 avaient mal dans le dos.
1 avait une indigestion.
1 s'était coupé avec une houe fraîchement affûtée.
1 était bien épuisée (et ce n'est pas moi!).
1 est allé faire le plein avec la parenté et la gentille amoureuse à Victo. Je devine qu'ils ont fait quelques pleins de sans plomb.


Ici, le souper d'équipe du vendredi (moules marinières et pétaques en fausses frites, salade de laitues mélangées et salade de concombres... suivies d'une charlotte... aux fraises!) s'est terminé avec une partie de Risk.


Avec Loup, nous sommes allés faire la tournée de son petit potager à quatre pattes pour observer les jeunes pousses de pois chiches, radis, haricots, maïs...

Une fois partis, nous avons fait la tournée de mon jardin avec ses petite escales:
Croquer des mini radis
Récolter des fraises
Arracher un oignonnet
Grignoter une feuille de chou Kale
Récolter une laitue
Faire la collecte quotidienne des doryphores (Loup insiste pour les garder afin de les tuer lui même, il les noie dans des plats tupperware remplis d'eau dans lesquels il ajoute au gré de ses fantaisies, du dentifrice, du savon, de la sauce soya... il appelle ça faire ses expériences.... ça nous évite de se salir les doigts en les écrabouillant!)


Je voulais lui montrer un nid de pluvier Kildir. Nous nous faisons engueuler depuis des semaines par Mme Kildir #1. Elle nous fait sa grande mascarade, jouant l'oiseau en détresse pour nous mener loin de sa progéniture. Mon champ est une pouponnière pour la famille Kildir au grand complet. J'ai beau leur expliquer que je leur ferai jamais aucun mal et me priverai même de travailler une planche de culture si une jeune famille s'y établit. Rien y fait. On se fait gueuler dessus et on se fait jouer le grand jeu de la victime. Nous étions particulièrement attachés au nid de Mme Kildir #1. Elle s'est établi dans la parcelle C où cette année, nous cultivons les liliacées (famille des oignons) et les ombellifères (famille des carottes), et où conséquemment nous passons beaucoup de temps, dès l'entrée au champ. Le petit nid sommaire a contenu 1, puis 2, puis 3 puis 4 oeufs. Des petits moments d'émerveillement entre deux piqûres de 'frappe à bord': "Eille! c'est rendu à trois oeufs, venez voir cela!"


ET Madame Kildir #1 se mettait à jouer la tragédie grecque.
J'ai eu bien du mal à trouver le nid avec Loup hier. Et je connaissais son emplacement. Parfaitement camouflé. Il ne contenait plus d'oeufs mais un tout petit oisillon apeuré. Juste un. Mme Kildir a livré la performance du siècle du chant du cygne.
J'ai expliqué à Loup qu'on ne pouvait que rester que quelques secondes à l'observer et SURTOUT que nous n'avions aucun droit de toucher ce petit être. Je lui ai expliqué la mascarade de sa maman, Mme Kildir #1 qui fait semblant d'être blessée en se dirigeant loin du nid en espérant entraîner les prédateurs loin de ses bébés. Je lui ai dit que Mme Kildir #1 avait peur qu'il arrive quelque chose à son petit parce que comme toutes les mamans du monde, c'est ce qu'elle a de plus précieux sur terre.
Ce matin, le nid était vide.

vendredi 22 juin 2007

Temps fou

Pour une fois, Météomédia et Environnement Cadada sont d'accord:
on annonce 5 oC cette nuit.
On craint donc un gel ici à la ferme.
Le climat est complètement fou.
Un gel le 22 juin.
On prévoyait aller voir un concert en plein air mais nous resterons ici, au cas où on doive déployer les agrotextiles.
Je tremble

jeudi 21 juin 2007

Pas de prix à Québec

Pour ceux qui se demandent:
ET bien non, nous n'avons rien gagné au Capitole mardi dernier, au Concours Québécois en Entrepreneuriat.
Sauf une belle virée fatigante dans la vieille capitale et une expérience intéressante.
Première fois qu'on disparaît de la ferme en semaine, en pleine saison de production.
Départ mardi am et retour mercredi pm.
J'AI laissé une liste longue comme ça à L super bras droit avec une clé dichotomique:
S'il pleut, vous faites cela, priorité sur cela...
S'il fait beau, alors vous vous consacrez à cela...
J'avais l'impression de sécher des cours.
Une petite culpabilité qui est devenue grande quand on a pas gagné.
Dépenser des sous, perdre du temps pour cet évènement alors qu'avaient lieu les auditions pour la Commission sur l'avenir de l'agriculture ici même, dans ma région.
J'ai quand même beaucoup apprécié me balader dans la vieille ville en plein été plutôt que dans mon champ...

Ah! et puis le truc bizarre, sinon dérangeant, de la soirée: Il y a une femme qui a gagné une couple de prix pour un projet de CRÉMATION D'ANIMAUX DOMESTIQUES... je n'ajoute même pas de commentaires...

dimanche 17 juin 2007

Là où tout est brun avant d'être vert

Je me fais prendre chaque année.
Nous débutons la saison... plantons semons, plantons, semons...
et vers fin mai, au souper, entre deux bouchées, S et moi, satisfaits, constatons:
"Chanceux cette année... il n'y a pas trop de mauvaises herbes!"
Et ça continue comme ça...
On plante, on sème, on plante, on sème et à un moment donné, je me revire de bord pour constater le tapis vert qui rend flous mes beaux rangs organisés.
La panique!
Chaque mi-juin, la même panique.
Le printemps est enthousiasmant, pas un moment pour la panique!

Aujourd'hui, mon garçon Loup (5 ans) et moi avons fait son petit potager personnel.
Cocasse à souhait il sera garni de mini-tournesols (sunny smile), d'une citrouille géante (Atlantic giant), de tomates miniatures à la forme de fraises (Tomatoberry), de mini carottes (mignon), de concombres jamaïcains piquants et grimpants, de pois chiches (winnifred), de haricots grimpants (Scarlet runners), de radis violets (purple plums) et de mini popcorn (Tom Thumb). Ça fait 5 ans que j'y rêve: jardiner avec mon fils...

S est venu le cherche pour sa sieste et j'en ai profité pour une tournée intégrale de mon jardin, un peu plus grand celui là, avec ses 5 acres....
Au souper entre deux bouchées:
"Ouin... C'est bien beau garnir mais là il faut entretenir! la mauvaise herbe est arrivée..."
Et S de répondre:
"Ah? ça y est là? Finalement on ne s'en sauve pas?"

Cette semaine toutes les matinées seront consacrées au désherbage de mon jardin d'Éden.